Mamou-Mani — du Burning Man aux terroirs

Pourquoi une étoile mondiale de l'architecture éphémère signe pour NOÉ. De Galaxia, sa tour de feu au Burning Man, aux Cabanas Orange et à la THK Tower de Bali — la trajectoire d'un architecte qui a choisi les terroirs régénératifs.

Il y a, dans le désert du Nevada, une nuit d'août 2018 où vingt fermes en bois ont commencé à monter. Une spirale qui montait vers le ciel. Cent quarante volontaires, vingt-deux jours de chantier, un mandala imprimé en 3D au centre. À la fin de la semaine, ils l'ont brûlée. Et le monde a appris le nom d'Arthur Mamou-Mani.

C’était la première fois qu’un architecte non-américain signait le temple central du Burning Man. Et c’était surtout, pour qui regardait bien, un manifeste. L’architecture, ici, ne se mesurait pas en mètres carrés ni en années de garantie. Elle se mesurait en présence — en ce qu’elle faisait pour ceux qui passaient dedans, et pour le lieu qui la portait pendant qu’elle existait.

C’est avec cet architecte que NOÉ a choisi de signer ses premiers lieux.

L’architecte qui est aussi le maker

Arthur Mamou-Mani est né à Paris en 1983. Formé à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais puis à l’Architectural Association de Londres en 2003 — l’école qui a produit Zaha Hadid, Rem Koolhaas et plus de stars contemporaines qu’on n’en peut citer. Il y a appris autre chose : la fabrication numérique. Ce moment où l’ordinateur du designer parle directement à la machine de l’atelier. Pas de plans qui voyagent. Pas de chantier qui interprète. Le geste du concepteur descend jusqu’au bout du bois.

Après trois années passées chez Zaha Hadid, Jean Nouvel et Proctor & Matthews, il fonde son studio à Londres et ouvre un fab lab — Fab.Pub — où l’on coupe au laser, où l’on imprime en 3D, où l’on apprend l’architecture comme un savoir-faire qu’on peut toucher. Aujourd’hui, son studio est enregistré au Royaume-Uni, en France et en Espagne. Il enseigne à l’Université de Westminster depuis 2011.

Il appelle sa démarche Circularity in Practice. L’architecture comme acte vivant. Chaque structure naît d’un dialogue — avec le matériau, avec le lieu, avec le geste de celui qui fabrique. Rien n’est jamais juste un dessin.

Galaxia, un temple qui brûle pour qu’on se rappelle

À Burning Man, chaque été, on construit un temple. Une structure éphémère, immense, qui devient pendant une semaine le centre du festival — le lieu où l’on dépose ses deuils, ses gratitudes, les choses qu’on n’a pas su dire. Et qui finit, à la fin, par disparaître dans le feu. C’est la règle du jeu.

En 2018, ce temple s’est appelé Galaxia. Vingt fermes en bois qui montaient en spirale, convergeant vers un point unique dans le ciel. Au centre, sous la voûte, un mandala imprimé en 3D au sol. Six mois de préfabrication. Cent quarante volontaires. Vingt-deux jours dans le désert.

Ce que Galaxia raconte, ce n’est pas la prouesse technique. C’est l’idée qu’un lieu peut être conçu pour ce qui s’y passe entre les humains, plus que pour ce qui y reste. Un dôme, sans cette intention, est juste un objet. Un temple, avec elle, devient un point de bascule dans une vie.

On ne construit pas pour que ça dure. On construit pour que ça compte.

Du temple éphémère à l’écolodge

Galaxia a ouvert une porte. En 2021, Orange a demandé à Mamou-Mani de concevoir, à Paris, ce qu’il a appelé les Cabanas. Des cocons biophiliques en bois de frêne cintré, inspirés des fibres de cactus, où l’on entre pour se concentrer ou pour disparaître quelques heures du flux du bureau. Un seul arbre par paire de cabanes. La circularité, ici, devient comptable — traçable, vérifiable, racontable.

En 2024, à Bali, dans le quartier régénératif de Nuanu, c’est une tour de vingt-cinq mètres qui s’est dressée. La THK Tower. Bois récupéré d’un pont colonial. Peau en rotin traitée à la bio-époxy. Vue à 360° sur la jungle. Le soir, la peau devient écran pour des projections inspirées de la sagesse balinaise. Le bâtiment n’est pas posé sur Bali — il est de Bali, fait avec ce qui était déjà là.

Trois projets, trois climats, trois cultures. Une seule façon de poser la question : qu’est-ce que ce lieu demande qu’on lui réponde ?

Pourquoi les terroirs

Quand un architecte de cette trajectoire choisit de signer pour un opérateur encore jeune, loin des grandes capitales, on peut se demander pourquoi. La réponse tient en quelques mots.

Les terroirs ont ce que les grandes capitales n’ont plus : un temps qui prend le temps. Des vignerons qui parlent à leurs vignes. Des bergers qui descendent en transhumance comme leurs grands-pères. Des forêts privées où l’on entre comme dans une cathédrale. C’est exactement le terrain où l’architecture vivante peut respirer. Pas un lieu à équiper — un lieu à écouter.

Et puis NOÉ propose autre chose qu’un projet immobilier. Pas un dôme à louer. Pas un produit touristique. Un parcours d’expériences entre des lieux choisis un par un, avec des humains au bout du chemin. C’est cette intention qui a fait dire oui à Arthur Mamou-Mani. Une intention qui ressemble, étrangement, à celle qui l’avait fait dire oui au Temple Galaxia.

Ce que ça change, pour vous

Pour le propriétaire d’un domaine — vignoble, château, ferme, forêt — la signature de Mamou-Mani change trois choses.

La crédibilité. Quand on présente un projet écolodge éco-luxe à un voisin, à un banquier, à un journaliste, le nom de l’architecte ouvre les portes. Pas par snobisme — par garantie de niveau. C’est la différence entre installer un mobile-home et accueillir une œuvre.

La presse. Architectural Digest, Dezeen, Wallpaper, Le Monde, Les Échos. Tous suivent ce que Mamou-Mani fait. Vos lieux deviennent visibles bien au-delà du périmètre touristique habituel.

Le rapport au lieu. Mamou-Mani ne pose pas un objet sur votre domaine. Il écoute votre domaine, puis il dessine ce qui peut s’y inscrire sans le déranger. Le bâti existant reste. Le terroir reste. Ce qui arrive en plus, c’est une présence qui révèle ce que vous avez déjà — sans le copier, sans le travestir, sans le banaliser.

Il n'a pas signé pour un dôme. Il a signé pour une convergence.

La suite

Les premiers sites NOÉ s’installeront entre 2026 et 2027 — en France d’abord, puis dans le reste de l’Europe latine. Des terroirs choisis un par un, des architectes signés un par un. Mamou-Mani signe l’identité architecturale. Evozome construit. Kahle Acoustics règle l’acoustique. Trois maisons internationales — une convergence, comme on dit en physique, là où des lignes qui n’étaient pas faites pour se croiser finissent par se rencontrer en un point.

Si votre domaine vous semble entrer dans cette histoire, vous pouvez nous écrire — ou commencer par l’enquête de faisabilité, gratuite, sous cinq jours, signée Didier. C’est la première conversation. Le reste vient ensuite.

— Didier Vanbellingen
NOÉ Experiences · Sud-Ouest · 2026